Les Astéracées jaunes

Elles sont jaunes comme les pissenlits, elles ont l’apparence des pissenlits, mais ce ne sont pas des pissenlits. Relevons le défi :  essayons aujourd’hui d’identifier quelques astéracées jaunes : 
la Pulicaire dysentérique, la Picride fausse épervière, le Laiteron maraîcher, et la Laitue sauvage.

Pulicaire dysentérique

Picride fausse épervière

Laiteron maraîcher

Laitue sauvage


La Pulicaire dysentérique (Pulicaria dysenterica)

Pulicaire dysentérique dans une prairie humide

Elle pousse sur les sols très humides : prairies gorgées d’eau, terrains vagues ou fossés au bord des routes.

Le nom du genre, Pulicaria, vient du fait qu’elle éloigne les puces.
Le nom d’espèce, dysenterica, a comme origine son pouvoir de soulager de la dysenterie.

C’est une espèce assez commune dans la périphérie de Bruxelles, et en augmentation.


Les capitules sont composés de deux sortes de fleurs jaunes. Au centre, des fleurs en tubes;
à l’extérieur un rang de fleurs en languettes (ligulées) qui sont stériles.
Sur la photo ci-dessous, on peut observer différents stades : les capitules ont d’abord la forme d’un plateau, puis ils se bombent en pleine floraison, et ensuite ils virent au brun en fin de floraison.

Capitules de Pulicaire dysentérique


Feuilles de Pulicaire

On reconnaît facilement la Pulicaire dysentérique grâce à ses feuilles.
Elles sont alternes et ondulées, assez semblables aux feuilles de menthe.

De couleur verte sur le dessus et grisâtre sur l’envers.

Elles embrassent la tige avec deux oreillettes à la base.

Les feuilles et la tige sont duveteuses.


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La Picride fausse épervière (Picris hieracioides)

Le nom du genre Picris signifie amer en grec, sa racine étant en effet très amère.

Elle pousse dans les prés, au bord des chemins ou dans les terrains vagues.
La tige est robuste et dressée, et elle porte des rameaux assez longs et étalés (notez que la tige du pissenlit n’est pas ramifiée).

La picride a un port dressé et des rameaux étalés


Le capitule ne comprend que des fleurs ligulées

C’est une Composée dont les capitules ne comprennent qu’un seul type de fleurs : celles-ci sont en effet toute ligulées, c’est-à-dire en languette.
Il n’y a pas de fleurs en tube au centre du capitule comme c’est le cas chez la Pulicaire par exemple.

Les capitules ont un diamètre de 2.5 à 3 cm.


Le revers de certaines fleurs est parfois rougeâtre.

C’est une plante rude au toucher : la tige, les feuilles et les bractées sont toutes recouvertes de poils raides et  piquants.
(Les traits importants pour l’identification sont colorés en orange).

Le revers de certaines fleurs situées à la périphérie est parfois rougeâtre.


Pourquoi est-elle appelée fausse-épervière? Parce qu’elle ressemble beaucoup aux épervières, un autre genre d’astéracées jaunes.
Pour distinguer la Picride fausse-épervière des véritables épervières, il faut examiner les bractées à la base du capitule.

Deux rangs de bractées

Chez les épervières, les bractées sont disposées en rangées qui se chevauchent.

Chez les picrides (voir photo ci-contre), les bractées sont disposées en deux rangées : les supérieures sont appliquées contre le pédicule et les bractées de la rangée inférieure sont étalées vers l’extérieur.


Les feuilles ont un bord ondulé

Les feuilles sont alternes, assez étroites et lancéolées.

Elles ont un bord ondulé et elles sont couvertes de poils courts et raides.

Les feuilles du haut de la tige sont sessiles (c’est-à-dire sans pétiole).

La nervure centrale des feuilles est rougeâtre.

Les jeunes feuilles font de bonnes salades mais elles deviennent très rapidement dures et très amères.


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Le Laiteron maraîcher (Sonchus oleraceus)

Voici encore une plante dont les fleurs, comme le pissenlit, sont jaunes et toutes ligulées. Elles pourraient être prises pour des pétales.

Cette plante aime les sols riches en azote. Elle se rencontre dans les décombres, au pied des murs, des arbres, entre les pavés ou bien au bord des chemins ou des routes.
Elle a une taille variable (de 10 cm à plus d’1 m) et fleurit de juin à octobre.

Le laiteron maraîcher est omniprésent en ville

Les laiterons doivent leur nom au suc laiteux que leurs tiges renferment. Et cette espèce-ci s’appelle maraîcher (ou potager) parce qu’il peut être consommé cuit, ou cru en salade lorsque les feuilles sont jeunes. Il est riche en fer et en vitamines A et B.


Les feuilles sont embrassantes.

Les feuilles sont un bon critère d’identification : elles embrassent la tige (voir photo ci-contre). Les oreillettes à l’arrière de la tige ont un bout pointu, contrairement à celles du Laiteron des champs (Sonchus arvensis) qui sont arrondies.

Les feuilles du Laiteron maraîcher sont très riches en acide ascorbique, c’est à dire en vitamine C. Elles furent souvent utilisées comme fourrage pour les cochons et les lapins.


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La Laitue sauvage (Lactuca serriola)

Voici encore un « faux pissenlit », qui est l’ancêtre de nos salades cultivées. C’est une grande plante pouvant atteindre 2 m., mais aux capitules assez petits.

Une laitue sauvage au pied du mur


Capitules et bractées

La floraison a lieu de juillet à septembre.

Les capitules sont assez petits par rapport à la taille de la plante : de 8 à 12 mm seulement.

Comme chez le pissenlit, les capitules ce comprennent que des fleurs ligulées jaune pâle, pas de fleurs tubulées.

Les bractées sont disposées sur deux rangs; elles sont appliquées contre le pédicule. Ces bractées sont glabres et souvent teintées de pourpre, lancéolées avec une extrémité pointue.


Les feuilles embrassent la tige

Les feuilles sont très variables.

Elles sont normalement d’un vert bleuté, alternes et simples. Mais elles peuvent aussi être plus ou moins découpées.
Leur bord est denté et épineux.

Elles sont sessiles et embrassantes avec à leur base 2 oreillettes pointues.
Elles sont parcourues d’un fin réseau de nervures blanchâtres, ou parfois rougeâtres.

Les feuilles ne sont comestibles en salade qu’au printemps. A ce moment il n’y a pas encore de latex. En effet, comme les laiterons, les laitues doivent leur nom de genre au suc laiteux qu’elles contiennent.
Ce latex est sédatif et psychotrope. D’ailleurs, la Laitue sauvage et sa cousine la Laitue vireuse (Lactuca virosa) sont des plantes que certaines personnes recherchent comme succédanés à l’opium. Elles ont des effets plus faibles que celui-ci et ne provoquent pas de manque.


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A propos La gazette des plantes

La gazette des plantes, un blog qui part à la découverte des végétaux qui nous entourent en Belgique
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