Rosa rosa rosam ou le latin botanique sans peine

C’est Jean-Paul qui prend la plume aujourd’hui. Beaucoup de botanistes sont décontenancés par la terminaison du mot désignant l’espèce : pourquoi dit-on Rosa canina mais Vicia sepium ? Voici un petit manuel qui devrait nous aider à ne plus perdre notre latin face aux plantes de nos régions.


Sommaire


Prooemium

Nous l’avons vu dans le billet précédent (Une introduction à la nomenclature binominale), chaque espèce, à l’exception des virus, est désignée par deux mots latins (ou latinisés).
Le premier, qui désigne le genre, est toujours un substantif (et s’écrit avec une majuscule initiale) ; le second, qui désigne l’espèce, commence toujours par une minuscule et est le plus souvent un adjectif, mais peut aussi être un substantif.

Beaucoup de botanistes sont décontenancés par la terminaison du mot désignant l’espèce : albus, alba, album ? vulgaris, vulgare ? Juncus effusus, mais pourquoi Fagus sylvatica ? Rosa canina, mais pourquoi Vicia sepium ? Hieracium umbellatum, mais pourquoi Hieracium lachelanii  ? Et pourquoi Arrhenatherum elatius ?

Nous allons tenter d’y voir clair, même s’il ne sera bien sûr pas possible d’envisager tous les cas (ce qui serait d’ailleurs hors des compétences de l’auteur de ce petit article !).

Pour pouvoir comprendre les règles qui régissent la forme que prend le terme spécifique, il faut malheureusement acquérir quelques notions de latin. Il va de soi que ce qui suit n’apprendra rien aux lecteurs qui ont fait du latin (et qui se souviennent de leurs cours !).

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Première étape : le genre du genre

Nous devons d’abord déterminer de quel genre grammatical est le substantif qui désigne le genre botanique.
En latin, tout substantif est soit masculin, soit féminin, soit neutre.

Fort bien. Mais comment déterminer le genre d’un substantif ? Il n’y a pas de recette universelle, mais les indications ci-après permettront d’apporter une réponse à un grand nombre de cas.

Maintenant que nous sommes avertis, allons-y !


Sont masculins :

la plupart des substantifs se terminant par –us     (Ranunculus, …)

sauf les arbres et arbustes (féminins)

autre exception :  Anthriscus (féminin).

Ranunculus sceleratus, la Renoncule scélérate

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Sont féminins :

○ les substantifs se terminant par –a     (Campanula,…)

sauf les mots grecs se terminant par –ma (neutres)

○ ceux se terminant par :

ago               (Medicago, …) ;
is (ou ys)     (Myosotis, Ophrys, …) ;
ix                   (Salix, …) ;
oides             
(Nymphoides, …) 

○ ceux se terminant par –e    (Anemone, …)

sauf Secale (seigle – neutre)

○ ainsi que les noms d’arbres et d’arbustes en –us     (Alnus, Pinus, …)


Campanula rotundifolia, la Campanule à feuilles rondes


En latin, les noms d’arbres sont majoritairement féminins.

Deux explications sont souvent avancées à cet état de choses.
L’arbre serait perçu par les Romains comme un être féminin parce qu’il porte des fruits, ou bien parce qu’il abrite une nymphe, qui est une divinité féminine 1

En latin, les arbres sont généralement féminins et se terminent par –us.
Ici le Hêtre, Fagus sylvatica.


Les noms de genres dédiés à des personnes sont féminins

Pour ces genres, le code de nomenclature botanique recommande d’ajouter la terminaison –a.

Exemples : Sesleria, Deschampsia, Fuchsia etc.

Ces noms sont donc automatiquement du genre féminin.

La Seslérie bleuâtre (Sesleria caerulea),
une graminée poussant sur les rochers.
Sesler était un naturaliste vénitien du 18e siècle.

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Sont neutres :

les substantifs se terminant par um    (Hypericum, … )

ainsi que :
○ les substantifs se terminant par dendron    (Sequoiadendron, …) ;
○ et les mots grecs se terminant par –ma    (Phyteuma, Alisma, …) .

Hypericum perforatum, le Millepertuis perforé.

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Quelques exemples de terminaisons difficiles :

○ les genres se terminant par –er :

peuvent être masculins (Aster, …)
ou neutres (Acer, ….)

○ les genres se terminant par –es :

peuvent être masculins (Odontites, …)
ou féminins (Abies, ….)
ou neutres (Ribes,…)

○ les genres se terminant par –ex :

peuvent être masculins (Rumex, …)
ou féminins (Carex, ….)

○ les genres se terminant par –on :

peuvent être masculins (Leontodon, Tragopogon,…)
ou neutres (Myosoton, Polycarpon, ….)

Tragopogon est masculin ; myosoton est neutre

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Les déclinaisons

Les cas

Contrairement au français, le latin (comme le grec, ancien et moderne, l’allemand ou le russe) est une langue à déclinaisons, c’est-à-dire que la terminaison des substantifs (et des adjectifs qui s’y rapportent) varie selon la fonction, le cas,  qu’ils occupent dans la phrase.

Prenons le mot musca, la mouche. « L’oiseau voit la mouche » se dit Avis muscam videt ; « les yeux de la mouche » se dit oculi muscae, « les ailes des mouches », alae muscarum, etc.


Le nom générique est toujours au nominatif, tandis que le mot qui désigne l’espèce (substantif ou adjectif) peut être au nominatif ou bien au génitif.


– Le vocatif s’emploie quand on interpelle quelqu’un.
– L’accusatif correspond (entre autres) à la fonction du complément d’objet direct.
– Le datif correspond à la fonction du complément d’objet indirect.
– L’ablatif correspond généralement aux compléments circonstanciels.

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Les 5 types de déclinaisons

En latin, les déclinaisons peuvent suivre l’un ou l’autre modèle, appelé type.
Il y a cinq types, que l’on définit par la forme du génitif singulier. Nous n’aurons besoin que des quatre premiers.

Voici un tableau simplifié de ces cinq types.
On le verra plus loin : ce tableau permet d’élucider bien des mystères !

Pour chaque type de déclinaison, les 3 formes qui nous intéressent sont mentionnées dans cet ordre :
le nominatif singulier, puis le génitif singulier et le génitif pluriel.


1re déclinaison : génitif singulier en –ae

Elle s’applique en général à des noms féminins :

rosa (rose, féminin), rosae, rosarum

2e déclinaison : génitif singulier en –i

Elle concerne surtout des noms masculins ou neutres :

dominus (maître, masculin), domini, dominorum

templum (temple, neutre), templi, templorum

mais aussi les noms d’arbres se terminant par –us, qui sont féminins :

fagus (hêtre, féminin), fagi, fagorum

3e déclinaison : génitif singulier en –is

Elle présente une grande variabilité ; avec parfois une modification du radical :

tinctor (teinturier, masculin), tinctoris, tinctorum

avis (oiseau, féminin), avis, avium

nemus (bois, neutre), nemoris, nemorum

4e déclinaison : génitif singulier en –ūs:

quercus (chêne, féminin), quercūs, quercuum

Attention : la plupart des noms d’arbres et d’arbustes en –us relèvent de la 2e déclinaison. Le chêne est une exception.

5e déclinaison : génitif singulier en –ei:

Elle ne concerne que très peu de mots :

dies (jour, masculin), diei, dierum


Les arbres en us suivent la 2e déclinaison.
Le chêne est une exception car il suit la 4e.
Ici, un Chêne pédonculé (Quercus robur).

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Comme cela a été dit au début, le mot qui désigne l’espèce peut être soit un adjectif, soit un substantif. Commençons par l’adjectif.


Les adjectifs

Dans un nom scientifique, l’adjectif est toujours au nominatif.

Les adjectifs latins se subdivisent en deux classes.


1re classe : ils se terminent par –us (ou –er), –a ou –um

selon qu’ils se rapportent à un nom masculin, féminin ou neutre.

C’est ce qui explique, chacun l’aura compris, des formes comme :

→ Juncus compressus (Jonc comprimé), Ranunculus bulbosus (Renoncule bulbeuse), Cynosurus cristatus (Crételle), …

Juncus compressus (le Jonc comprimé)

→ Pulmonaria montana (Pulmonaire des montagnes), Medicago sativa (Luzerne cultivée), Orchis mascula (Orchis mâle), Cardamine amara (Cardamine amère), …

Pulmonaria montana (la Pulmonaire des montagnes)

Epilobium hirsutum (Épilobe hirsute), Allium ursinum (Ail des ours), Alisma lanceolatum (Plantain d’eau lancéolé), ….

Allium ursinum (l’Ail des ours)

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2e classe : le masculin et le féminin sont en –is ; le neutre est en –e

Voilà donc qui éclaire :

→ Lathyrus pratensis (Gesse des prés – masculin), Poa pratensis (Pâturin des prés – féminin), mais Trifolium campestre (Trèfle des champs – neutre)

Trifolium campestre (Trèfle des champs)

→ Convolvulus arvensis (Liseron des champs – masculin), Knautia arvensis (Knautie des champs – féminin), mais Cerastium arvense (Céraiste des champs – neutre).

Knautia arvensis, la Knautie des champs :
le nom est féminin, l’adjectif (appartenant à la 2e classe) se termine par is

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Les comparatifs

Certains adjectifs sont des comparatifs (plus grand, plus haut …), qui signifient le plus souvent « très » (très grand, très haut …).

Ils se terminent par –ior au masculin et au féminin et par –ius au neutre.

Prenons l’exemple de elatus (elata, elatum), qui signifie « haut, élevé ».
Si on veut dire qu’une plante est « très haute », on la qualifiera de elatior ou elatius, selon que le nom du genre est masculin, féminin ou neutre.
D’où Primula elatior (Primevère élevée – féminin), mais Arrhenatherum elatius (Fromental – neutre).

Le Fromental ou Avoine élevée : Arrhenatherum elatius.


Deux adjectifs assez courants, minor (« très petit ») et major (« très grand »), sont en fait des comparatifs, et suivent donc la même règle (-ior et –ius étant devenus –or et –us).

Ce qui explique :

→ Rhinanthus minor (Petit rhinanthe – masculin), Pyrola minor (Petite pirole – féminin), mais Arctium minus (Petite bardane – neutre) ;

→ Vinca major (Grande pervenche – féminin), mais Chelidonium majus (Grande Chélidoine – neutre).

Rhinanthus minor, le Petit rhinanthe.
Rhinanthus est un nom masculin.

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Autres cas de figure

Les adjectifs se terminant en –ans, –ens et –oides conservent la même forme aux trois genres.

Exemples : fragrans (parfumé), pubescens (se couvrant de poils courts), luzuloides (qui ressemble à une luzule).

Picride fausse épervière : Picris hieracioides.
Oides est un suffixe issu du grec et signifiant « qui ressemble à ».
Hieracioides veut donc dire « qui ressemble à une épervière ».


Rappel : les noms d’arbres (et d’arbustes)

On l’a vu ci-dessus, les noms d’arbres (et d’arbustes) se terminant par –us sont féminins.

Les adjectifs s’accordant toujours avec le nom auquel ils se rapportent, on comprend la terminaison en –a de l’adjectif spécifique dans Fagus sylvatica (le Hêtre), Populus alba (Peuplier blanc ou Peuplier de Hollande) ou encore Rhamnus cathartica (Nerprun purgatif).

Un jeune Populus alba

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Les substantifs

Deux catégories

Si la terminaison du mot désignant l’espèce ne rentre pas dans l’une des catégories décrites ci-dessus, il y a de fortes chances qu’on soit en présence d’un substantif.

Ce substantif peut avoir deux fonctions :

• il est soit une apposition au nom de genre et reste au nominatif ;
• ou il est un complément du nom de genre et se met au génitif.

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Substantif en apposition au nom de genre

Une apposition désigne la même chose que le nom qu’elle complète.

Exemple  : la Germandrée petit-chêne, Teucrium chamaedrys en latin.

La Germandrée petit-chêne (Teucrium chamaedrys).
Chamaedrys vient du grec et signifie petit chêne.

Dans ce cas, le substantif utilisé pour désigner l’espèce est tout simplement accolé, juxtaposé, au nom du genre. Le cas est le nominatif.


Prenons le cas de coronopus, qui, selon le Gaffiot, le dictionnaire latin de référence, signifie « corne de cerf  ».  Coronopus désigne une espèce de Plantain, Plantago coronopus, le Plantain corne-de-cerf.

Le Plantain corne-de-cerf : Plantago coronopus.
Plantago et coronopus sont deux substantifs au nominatif.
Plantago (plantain) est féminin, tandis que coronopus est masculin.

Dans la 6e édition de la Nouvelle Flore de la Belgique et des régions voisines (autrement appelée la Flore bleue), coronopus était aussi un nom de genre comprenant notamment Coronopus squamatus (la Corne-de-cerf commune).
Mais ce genre a depuis été intégré au genre Lepidium et cette plante s’appelle désormais Lepidium coronopus.
On le voit : que coronopus soit un nom de genre ou un nom d’espèce se rapportant à un nom féminin (Plantago) ou neutre (Lepidium) ne change rien à la terminaison du mot, puisque coronopus demeure dans tous ces exemples un substantif au nominatif.


Voici d’autres exemples de noms employés en apposition :

→ Allium cepa (l’Oignon ; cepa = l’oignon en latin) ;
→ Daucus carota (la Carotte ; carota = la carotte en latin) ;
→ Erica tetralix (la Bruyère des marais ; tetralix = une bruyère en latin).

La Bruyère des marais : Erica tetralix.
Tetralix est un nom féminin qui vient du grec
et désignait en latin une espèce de bruyère.


Les Oseilles expliquées

Les Oseilles font partie du genre Rumex. Rumex pouvait être en latin masculin ou féminin, mais les botanistes l’ont employé comme substantif masculin : Rumex obtusifolius (Patience à feuilles obtuses), Rumex scutatus (Oseille ronde), etc.

Mais alors pourquoi diantre avons-nous Rumex acetosa (Grande oseille) et Rumex acetosella (Petite oseille) ? Acetosa et acetosella ne peuvent pas être ici des adjectifs, sans quoi on aurait acetosus ou acetosellus.

Ce sont en fait des noms mis en apposition. Acetosa et acetosella furent autrefois utilisés comme noms de genre ; ils furent donc substantivés. Ces genres ont depuis été incorporés au genre Rumex.

Rumex acetosella, la Petite oseille

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Substantif comme complément du nom du genre

Dans ce cas, il désigne soit un nom propre ( le Millepertuis de Des Étangs, …), soit un nom commun (le Brome des toits, la Vesce des haies).

Il sera alors mis au génitif, soit singulier, soit pluriel.



Au génitif singulier

Il s’agit le plus souvent de noms de personnes latinisés.

On ajoute dans ce cas une terminaison latine à leur nom.

Cette terminaison est généralement masculine puisque les botanistes des siècles passés étaient quasiment tous des hommes. Lisez donc cette page qui rend honneur à quelques femmes botanistes.

La terminaison masculine « classique » est –us, qui donne au génitif –i (deuxième déclinaison).

Mais la grande vogue était d’utiliser plutôt la terminaison –ius, imitant ainsi bon nombre de grandes familles romaines de l’Antiquité. Cette terminaison était jugée plus agréable à l’oreille que celle en –us. Fuchs se transforma par conséquent en Fuchsius, Bauhin en Bauhinius etc. On obtient alors au génitif –ii.

Citons :

– Abutilon theophrasti : l’Abutilon de Théophraste.

– Hypericum desetangsii : le Millepertuis de Des Étangs, latinisé en Desetangsius (Des Étangs était un botaniste français du 19e siècle).

– Echium wildpretii  : la Vipérine de Tenerife (wildpretii est un hommage au botaniste suisse du 19e siècle, Hermann Josef Wildpret).

La Vipérine de Tenerife (Echium wildpretii)


On peut également avoir, mais plus rarement, des noms de lieux :

Aster novi-belgii (de la Nouvelle-Hollande, appelée en latin Novum Belgium (si, si !), un territoire de la côte nord-est des Etats-Unis au 17e siècle) ;

Aster novae-angliae (de la Nouvelle-Angleterre, Nova Anglia, qui suit la première déclinaison).

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Un cas amusant : tabernaemontani, un nom de lieu ET un nom de personne.

Jakob Dietrich était un médecin et botaniste allemand du 16e siècle, contemporain d’un autre botaniste, Leonhart Fuchs, dont nous avons parlé dans le billet sur la nomenclature binominale.

Jakob Dietrich était d’origine très modeste ; sa famille était composée de serfs.
Il parvint toutefois à faire des études et obtint ensuite plusieurs postes de médecin de cour auprès de nobles allemands. Son ouvrage le plus important est le Neuwe Kreuterbuch, un herbier publié en 1588 contenant plus de 2300 illustrations gravées sur bois, d’excellente facture 2

Portrait de Jacobus Theodorus Tabernaemontanus
(avant 1669).

Il naquit à Bergzabern (aujourd’hui Bad Bergzabern), une petite ville au sud du Land de Rhénanie-Palatinat, près de la frontière française.
Zabern vient du latin taberna, « auberge », que l’on retrouve aussi dans le français taverne. Bergzabern signifie donc littéralement « l’auberge de la montagne ». Les érudits locaux du 16e siècle pensaient (sans preuve) que la ville avait été fondée sous l’occupation romaine et latinisèrent par conséquent son nom en Tabernae Montanae, « auberges de la montagne ».

Devenu célèbre, Jakob Dietrich pris comme nom de famille celui de sa ville de naissance, en masculinisant sa terminaison en –us. Il est depuis lors connu comme Tabernaemontanus.

Un genre (Tabernaemontana) et plusieurs espèces lui sont dédiés : Schoenoplectus tabernaemontani, le Jonc des chaisiers glauque, ainsi que Potentilla tabernaemontani, la Potentille printanière, appelée aussi Potentilla verna.

Potentille printanière
(Potentilla tabernaemontani ou Potentilla verna)



Au génitif pluriel

Les substantifs concernés sont le plus souvent des noms communs.

Ils relèvent pour la plupart de la deuxième déclinaison ; au génitif pluriel la terminaison sera -orum :

– Fallopia dumetorum : la Renouée des haies (de dumetum, neutre,
« buissons, ronceraie »).

– Artemisia verlotiorum (l’Armoise des frères Verlot, nom latinisé en Verlotius).

– Dianthus carthusianorum (l’Œillet des chartreux).

Fallopia dumetorum : la Renouée des haies


Quelques-uns, plus difficiles à reconnaître, sont de la troisième déclinaison).
Le génitif pluriel sera –ium ou –um  :

– Rubia tinctorum : la Garance des teinturiers (de tinctor, masculin, à comparer avec Genista tinctoria, où tinctoria est un adjectif au féminin).

– Lysimachia nemorum : la Lysimaque des bois (de nemus, neutre,
« bois »).

– Vicia sepium (la Vesce des haies, de sepes, féminin, « haie »).

La Vesce des haies (Vicia sepium)

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Un exemple récapitulatif

Le genre Convolvulus (auquel a été intégré l’ancien genre Calystegia) offre une bonne synthèse de ce que nous venons de voir :

– deux espèces sont nommées par un adjectif, l’un de la 1e classe, l’autre de la 2e : Convolvulus silvaticus, le Liseron des bois, espèce méditerranéenne, et Convolvulus arvensis, le Liseron des champs ;

– deux espèces sont nommées par un substantif, l’un au génitif pluriel, l’autre en apposition : Convolvulus sepium (ou Calystegia sepium), le Liseron des haies, et Convolvulus soldanella (ou Calystegia soldanella), le Liseron des dunes
(la Soldanelle, Soldanella, est une plante de montagne, à laquelle, soit dit en passant, ledit liseron ne ressemble pas du tout, si ce n’est par la forme de ses feuilles).

À gauche : Convolvulus arvensis ; arvensis est un adjectif de la seconde classe au masculin.
À droite : Convolvulus sepium ; sepium est un substantif féminin suivant la 3e déclinaison,
au génitif pluriel.

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Sources :

1 : Marine Bretin-Chabrol ; Des arbres au féminin : la nymphe, les fruits, et le grammairien ; Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales ; 2012

2 : Müller-Jahncke, Wolf-Dieter ; Tabernaemontanus, Jacobus Theodorus (eigentlich Jakob Diether) ; Neue Deutsche Biographie ; Volume 25 ; 2013 ; pp. 750-751

A propos La gazette des plantes

La gazette des plantes, un blog qui part à la découverte des végétaux qui nous entourent en Belgique
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7 commentaires pour Rosa rosa rosam ou le latin botanique sans peine

  1. François Hela dit :

    Diantre ! Voilà une note qui va me servir ! Merci Jean-Paul !

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  2. maison dit :

    Merci pour cet excellent article qui nous donne l’essentiel du latin.
    Le deuxième de la série devra nous apprendre comment prononcer le latin botanique et scientifique, plutôt que de l’écorcher comme si c’était une langue qui n’est apparue deux millénaires plus tard (je parle de l’horreur de prononcer le latin comme si c’était du français ou de l’anglais).

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  3. maison dit :

    Notons que Flora gallica donne le genitif singulier querci, ce qui est une erreur. Mais d’après le dictionnaire latin Gaffiot, le gén. pl. serait « quercorum », donc il y a une erreur dans cet article aussi.

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    • Bonjour,

      non ce n’est pas une erreur. Mais quercus est vraiment un cas très particulier.
      Comme les autres noms d’arbre en -us, il devrait suivre la deuxième déclinaison (génitif pluriel en -orum). Et pourtant il suit la quatrième déclinaison (génitif pluriel en -uum).
      Cependant, il est vrai que la forme en -orum a également été utilisée, notamment par Cicéron. À une certaine époque, il y a eu une sorte d’attraction, de glissement vers la deuxième déclinaison. Les deux formes sont donc attestées durant l’Antiquité.
      Le même phénomène s’est produit pour le génitif singulier : quercus (quatrième déclinaison) et querci (deuxième déclinaison) se rencontrent dans les textes anciens.

      Voir par exemple : http://www.dicolatin.com/FR/LAK/0/QUERCUS/index.htm

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  4. Simon dit :

    Excellente base pour y voir un peu plus clair (mais ça nécessite tout de même une certaine motivation).

    Petite remarque, ce qu’on appelle communément le Jonc des chaisiers est Schoenoplectus lacustris. S. tabernaemontani est plus petit et d’un vert plus glauque.

    J'aime

    • Bonjour Simon et merci pour ton commentaire.
      En ce qui concerne le Jonc des chaisiers, tu as raison : c’est bien Schoenoplectus lacustris ; Schoenoplectus tabernaemontani étant le Jonc des chaisiers « glauque ».
      Le texte a été corrigé.

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