Actu : Comment les plantes rémunèrent leurs partenaires microbiens en fonction des services rendus

La grande majorité des plantes dépendent de microbes (bactéries, champignons) qui leur fournissent les nutriments nécessaires à leur croissance et à leur reproduction.
Mais ces microbes ne sont pas tous aussi efficaces les uns que les autres. Des chercheurs ont donc tenté de comprendre comment ils étaient récompensés par leurs hôtes. À travail égal, salaire égal ?


Les partenaires microbiens des plantes leur apportent des nutriments tels que de l’azote ou du phosphore. En échange, les plantes leur cèdent une partie des sucres qu’elles produisent grâce à la photosynthèse.

Sporophore du Laccaire améthyste (Laccaria amethystina), champignon mycorhizien qui s’associe à plusieurs espèces d’arbres.

Une équipe de scientifiques de la Stanford University s’est penchée sur la politique de rémunération suivie par les plantes. Les chercheurs sont partis de l’hypothèse que cette rémunération devait être directement proportionnelle aux services rendus.
Ils ont alors analysé les données provenant de plusieurs études qui avaient trait à ces relations symbiotiques 1.

Les résultats sont de prime abord surprenants. Les plantes ne pénalisent pas les microbes peu performants autant qu’on aurait pu s’y attendre.


Il s’est avéré que – du moins si la plante possède suffisamment de sucres – la rémunération est proportionnelle à la racine carrée des services rendus. Autrement dit, un microbe qui ne montrerait que le quart de l’efficacité d’un autre recevrait non le quart mais la moitié du paiement accordé à ce dernier.

Pour expliquer ce comportement, les chercheurs font appel à la loi de Weber–Fechner, connue en psychophysique. Cette loi montre que plus un stimulus (son, odeur, etc.) est fort, moins nous sommes capables de percevoir ses modifications.

Cette loi s’applique aux êtres humains ainsi qu’à d’autres animaux. Les scientifiques de Stanford pensent qu’une plante pourrait également être, dans une certaine mesure, insensible aux différences de qualité de ses « employés » microbiens.

Selon les chercheurs, ce comportement a du sens pour une plante, car en maintenant un certain niveau de diversité microbienne, il lui permet de faire face aux changements environnementaux qu’elle rencontre au cours de sa vie.


Sources :

1 : Stanford University ; How plants compensate symbiotic microbes ; ScienceDaily ; 7 juillet 2021

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La gazette des plantes, un blog qui part à la découverte des végétaux qui nous entourent en Belgique
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