Le populage des marais (Caltha palustris)

Nous allons nous mouiller cette fois-ci pour rendre visite au populage des marais, une plante aux belles fleurs jaunes, caractéristique des milieux humides. Une plante qui est malheureusement en déclin, suite à la diminution de son habitat  (drainage, assèchement…)


  • Classification

Angiospermes > Dicotylédones vraies > Renonculacées > Populages (Caltha).

Les renonculacées forment une grande famille de plantes (1500 espèces) généralement herbacées et vivant surtout dans les régions tempérées. Outre les populages et bien sûr les renoncules proprement dites, cette famille comprend également les anémones, les ancolies, les clématites etc…


  • Description

Elle est facile à identifier : ses grandes fleurs jaunes ne passent pas inaperçues et puis elle aime avoir les pieds dans l’eau (de l’eau non salée!). On la trouvera donc dans des prés inondables, sur les berges des fossés ou dans des endroits marécageux, formant souvent de grandes colonies, comme ici en bordure d’un étang dans la vallée de la Dyle :

Plante

Comme elle a de fortes racines, elle est parfois utilisée pour stabiliser les berges d’un cours d’eau. Elle peut même pousser carrément dans une rivière peu profonde, car elle peut rester immergée pendant de courtes périodes. L’eau doit être pure, et la présence du populage est donc un bon indice de la qualité des eaux. En voici dans la Woluwe :

Feuilles

C’est une plante vivace qui pousse en formant des touffes. En effet, les tiges sont assez longues (40 cm environ), et peuvent ramper et produire de nouvelles racines au niveau d’un nœud, qui donneront naissance à un nouveau plant voisin du premier.

Habitat


Les fleurs jaunes ressemblent un peu à celles des boutons d’or. Rien d’étonnant à cela, puisque le populage fait partie des renonculacées. Ses fleurs sont grandes, pouvant atteindre 5 cm de diamètre et elles sont généralement d’une couleur jaune éclatant. Dans nos régions, le populage fleurit habituellement de mars à mai.

Fleur

A première vue, chaque fleur semble posséder 5 pétales, n’est-ce pas? Et bien, non! En faisant attention, on remarque que chaque pièce chevauche légèrement la suivante d’un seul côté. C’est en fait la disposition typique des sépales. Et lorsque les sépales sont colorés comme des pétales, on les appelle des sépales pétaloïdes!

Fleur

Ces sépales entourent de très nombreuses étamines (une soixantaine). Au centre se développent les carpelles, c’est-à-dire les pièces femelles (de 5 à 15). D’abord verts, ils deviendront ensuite bruns avant de se fissurer et de libérer les graines. A la base de ces carpelles verts se trouvent les glandes qui produisent le nectar, ce suc qui attire les insectes pollinisateurs.


Les feuilles du populage sont superbes : grandes (jusqu’à 25 cm), luisantes, et en forme de rein. Elles sont échancrées en cœur à la base.  Les feuilles supérieures sont sessiles : elles sont directement insérées sur la tige, sans pétiole.

Feuille

Leurs nervures sont bien visibles. Elles sont bordées de larges dents obtuses.

Feuille



  • Toxicité

Comme la plupart des renonculacées, le populage est toxique. Toutes les parties de la plante sont dangereuses car elles contiennent une substance appelée proto-anémonine, une substance vénéneuse.

Selon certains sites, les feuilles séchées de populage pourraient être utilisées en phytothérapie, pour soulager les douleurs rhumatismales.

Ses boutons floraux étaient parfois consommés, confits dans du vinaigre, comme des câpres. Et dans le nord-est des États-Unis, les jeunes pousses seraient encore consommées en salade au printemps.

Sources
DORIS, Caltha palustris
– http://domenicus.malleotus.free.fr/v/populage_des_marais.htm

Mais, étant donné la toxicité de la plante, l’avis  préalable d’un médecin est dans tous les cas indispensable!


  • Répartition en Belgique

Voici la carte de répartition du populage en Belgique, d’après les observations publiées en 2015 sur Observations.be. L’opacité des carrés est proportionnelle au nombre d’observations. Cette carte est bien entendue indicative; elle peut être biaisée car certaines régions sont probablement mieux couvertes par les observateurs que d’autres.

Observations_Populage

Source : Observations.be


  • Etymologie

– Populage est le nom qui lui a été attribué par les botanistes au 16è s. : il vient du latin moderne populago, peuplier parce que ses feuilles ont une forme qui rappelle celles du peuplier.

– Son nom scientifique, caltha, viendrait du grec calathos, corbeille, coupe, en raison de la forme de ses fleurs.

A propos La gazette des plantes

La gazette des plantes, un blog qui part à la découverte des végétaux qui nous entourent en Belgique
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5 commentaires pour Le populage des marais (Caltha palustris)

  1. Ping : Une sarcelle d’hiver sur la Woluwe | La Gazette des Plantes

  2. La copine des moineaux dit :

    Bravo à toi pour ces textes passionnants, enrichis de magnifiques photos !

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  3. Ping : A l’affiche cette semaine : Les premières fleurs vernales | La Gazette des Plantes

  4. laurent dit :

    Salut, Super article, comme d’hab!
    Ne voyant pas trop la ressemblance entre la feuille de populage et celle des peupliers, j’ai trouvé une explication étymologique qui m’a plus convaincu: « parce qu’elle se trouve souvent le long des eaux parmi les Peupliers »… http://www.cnrtl.fr/etymologie/populage

    J'aime

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