Les premières fleurs vernales

L’hiver cède peu à peu sa place au printemps et les premières fleurs s’épanouissent déjà. La Gazette des Plantes a rencontré en ce début de mars deux espèces précoces :
la petite Pervenche, et le Populage des marais.

Petite pervenche

Petite pervenche

Populage des marais

Populage des marais


La forêt de Rance

C’est au cours d’une balade dans la forêt de Rance que la Gazette a croisé ces deux plantes. Ce massif boisé de plus de 1.000 hectares s’étend dans la botte du Hainaut, au nord du village de Rance, entre les villes de Beaumont au nord et de Chimay au sud.

Rance fut surtout connu pour l’exploitation de son marbre rouge, appelé « Vieux Rance« , qui fut largement employé dans la construction du château de Versailles. La dernière carrière cessa son exploitation au début des années 50.


La forêt de Rance

La forêt de Rance est composée principalement de chênes et de hêtres. On y voit également des frênes et des merisiers.

Elle est située sur un plateau argileux entaillé de petits vallons frais et humides creusés par quelques ruisseaux qui se jettent soit dans l’Eau d’Eppe au sud-ouest, soit dans la Hantes au nord-est. Ces deux rivières appartiennent au bassin de la Sambre.

Par endroits le sol est recouvert d’une couche assez épaisse de limon.

C’est malheureusement une forêt très aménagée pour le tourisme, avec des chemins parfois macadamisés, des aires de pique-nique, un parcours santé, des terrains de jeux et un tronçon du Ravel…

C’est dans une partie un peu plus sauvage du bois, le vallon du Ruisseau des Fonds, situé au nord-est du domaine forestier, que nous avons trouvé les deux plantes en fleurs.

Le Ruisseau des Fonds, affluent de la Hantes


La Petite pervenche (Vinca minor)

C’est une petite plante rampante qui fleurit dans nos forêts de février à juin. La Gazette des Plantes vous l’avait déjà présentée de façon approfondie cet hiver (voir ce billet de décembre).


Une anémone des bois en mars

Avez-vous remarqué que les fleurs des bois apparaissent tôt, souvent dès le début du printemps? Pensez par exemple à l’anémone des bois (Anemone nemorosa), une Renonculacée?

L’explication est simple : les plantes des sous-bois doivent se dépêcher d’accomplir leur cycle de développement (croissance, floraison, fructification) avant que la lumière ne disparaisse en grande partie sous les nouvelles feuilles des arbres, et que la photosynthèse ne leur devienne impossible.


La petite Pervenche fait partie de la famille des Apocynacées, une famille comprenant surtout des plantes ligneuses dans les zones tropicales. Dans nos régions pousse un autre représentant des Apocynacées, le Laurier-rose.

Angiospermes > Dicotylédones > Apocynacées > Vinca (Pervenches)

Elle est facile à identifier, grâce à ses  5 pétales bleus plus ou moins carrés.

Fleur de la petite Pervenche

Ils sont soudés en tube à la base, mais leurs sommets sont libres. C’est une caractéristique des Apocynacées.


Les feuilles sont opposées, ce qui est également typique de la plupart des Apocynacées.
Elles persistent en hiver, ce qui explique pourquoi la petite Pervenche soit devenue le symbole de l’amour durable.
Elles sont simples et entières, portées par un pétiole très court.
Elles ont une forme ovale : elles mesurent de 4 cm à 5 cm de longueur sur 1,5 cm à 2 cm de largeur.
Elles sont d’un vert assez foncé, glabres et luisantes; d’une consistance plutôt coriace.
La nervure principale est assez marquée et se ramifie en un système penné.

Feuilles opposées de la petite Pervenche

Les feuilles en quasi-verticille au bout de la tige

Les feuilles sont donc opposées, mais aussi décussées. Cela signifie que chaque paire de feuilles est disposée perpendiculairement par rapport aux paires voisines.

Comme le montre la photo ci-contre, au bout de chaque tige la distance entre les deux dernières paires de feuilles est si petite qu’on semble voir un verticille (une couronne) de quatre feuilles.


Elle pousse souvent dans les taillis ombragés des vallées alluviales.

Dans le billet précédent consacré à la petite Pervenche, nous avions mentionné qu’elle était jadis une plante magique bonne à tout faire :
elle pouvait tout aussi bien tarir le lait des nourrices que jeter des sorts.
Dans son livre « La plante compagne », Pierre Lieutaghi ajoute un détail qui intéressera les cueilleurs éventuels: avant de l’arracher, on doit la saluer trois fois afin qu’elle conserve ses vertus magiques!


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Le Populage des marais (Caltha palustris)

Angiospermes > Dicotylédones > Renonculacées > Populages (Caltha)

Ses fleurs jaunes ressemblent à de grands boutons d’or. Rien d’étonnant à cela, puisque le populage fait partie des Renonculacées. Ses fleurs peuvent atteindre 4 cm de diamètre et sont généralement d’une couleur jaune éclatant. On les voit de mars jusqu’en août.

Ses fleurs ressemblent à celles du bouton d’or

Pour le trouver, promenez-vous le long des ruisseaux ou des étangs : il aime avoir les pieds dans l’eau!  Il aime les eaux saines, pures et bien oxygénées : c’est une espèce bio-indicatrice d’un milieu en bonne santé.

Le populage aime avoir les pieds dans l’eau


De très nombreuses étamines et de très nombreux carpelles

Sur la photo de droite, on voit que sa fleur a de très nombreuses étamines (organes mâles) entourant de très nombreuses carpelles (organes femelles). C’est une caractéristique des Renonculacées.

Les botanistes considèrent que la fleur du populage est en fait dépourvue de pétales. En faisant attention, on remarque que chaque élément jaune chevauche légèrement le suivant. Dans ce cas, on considère qu’il s’agit de sépales « pétaloïdes ».

Leur revers est souvent verdâtre (voir ci-dessous). Et on peut également observer que la fleur est portée par un long pédicelle cannelé.

Le revers des fleurs est souvent verdâtre.


Les boutons floraux

Comme beaucoup de Renonculacées, le populage est toxique. Toutes ses parties contiennent une substance appelée proto-anémonine. Celle-ci peut provoquer des démangeaisons par contact avec la peau, et en cas d’ingestion une paralysie partielle ou totale.

Malgré cela, les boutons floraux ont autrefois été consommés, confits dans du vinaigre, en guise de câpres (sous le nom de Câpres d’Allemagne).


Les feuilles du populage sont très typées : elles sont cordiformes (en forme de cœur) et ont un limbe charnu, avec un bord crénelé et un sommet arrondi. Les deux faces sont glabres.

Les feuilles sont cordiformes


Les tiges sont souvent rougeâtres

Les feuilles avait disparu durant l’hiver. Il ne restait plus qu’un rhizome, c’est-à-dire une tige souterraine (et aussi subaquatique dans le cas du populage). C’est ce rhizome qui a redonné les nouvelles parties aériennes.

Remarquez sur la photo ci-contre que les tiges du populage sont souvent rougeâtres.

Pour en savoir plus, n’oubliez pas de lire ou de relire le billet que la Gazette des Plantes avait consacré au populage en avril dernier.


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A propos La gazette des plantes

La gazette des plantes, un blog qui part à la découverte des végétaux qui nous entourent en Belgique
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